Taxe de séjour en location saisonnière : qui la collecte, comment la calculer
La taxe de séjour est payée par le voyageur, collectée par l’hébergeur — ou par la plateforme quand elle encaisse le paiement pour un loueur non professionnel — puis reversée à la commune ou à l’intercommunalité. Elle se calcule par personne non exonérée et par nuit : un tarif fixe voté par la collectivité pour un hébergement classé, un pourcentage de 1 % à 5 % du coût de la nuitée par personne, plafonné, pour un hébergement non classé. S’y ajoute le plus souvent une taxe additionnelle départementale de 10 %, et, selon les territoires, une taxe additionnelle régionale.
Règles générales en vigueur en 2026. Les tarifs, la période de perception et les dates de reversement dépendent de la délibération de votre commune ou intercommunalité : c’est elle qui fait foi.
Qu’est-ce que la taxe de séjour ?
La taxe de séjour est une taxe locale facultative, instituée par délibération d’une commune ou d’une intercommunalité pour financer l’accueil touristique. Elle est due par les personnes qui séjournent dans la commune sans y être domiciliées ni y posséder une résidence pour laquelle elles paient la taxe d’habitation, et s’applique par personne et par nuit.
Deux régimes existent. La taxe « au réel », la plus courante, est payée par chaque voyageur et collectée par l’hébergeur. La taxe « forfaitaire » est payée par l’hébergeur lui-même, d’après la capacité d’accueil de son établissement et la durée de la période de perception, quelle que soit la fréquentation réelle. La délibération précise le régime applicable à chaque nature d’hébergement, les tarifs, la période de perception et les dates de reversement. Les délibérations sont consultables sur la base officielle des taxes de séjour de la DGFiP ; la mairie ou l’office de tourisme peuvent aussi vous les transmettre.
- Classé : tarif fixe par personne et par nuit, selon la catégorie. Non classé : 1 % à 5 % du coût HT de la nuitée par personne, plafonné.
- Le coût par personne se calcule en divisant le prix de la nuitée par tous les occupants, mineurs compris ; seuls les assujettis paient.
- Taxe additionnelle départementale de 10 % là où le département l’a instituée, et part régionale selon les territoires.
- Une plateforme intermédiaire de paiement collecte obligatoirement pour un loueur non professionnel ; en direct, c’est vous.
- Vous reversez aux dates fixées par la délibération, avec un état détaillé séjour par séjour.
Hébergement classé ou non classé : deux modes de calcul
| Tarif fixe | Taux proportionnel | |
|---|---|---|
| Hébergements concernés | Hébergements classés (palaces, hôtels, résidences et meublés de tourisme de 1 à 5 étoiles, villages de vacances, campings classés…) et chambres d’hôtes | Hébergements sans classement ou en attente de classement, sauf l’hôtellerie de plein air, qui a ses propres tarifs |
| Montant | Tarif par personne et par nuit voté par la collectivité, dans la fourchette légale de la catégorie | Taux voté entre 1 % et 5 %, appliqué au coût hors taxes de la nuitée par personne |
| Plafond | Le tarif de la catégorie | Plafond fixé par la loi, qui dépend des tarifs votés par la collectivité |
| Taxe additionnelle | 10 % départementale le cas échéant, part régionale selon les territoires (Île-de-France notamment), calculées sur la taxe communale | |
Le classement d’un meublé de tourisme (de 1 à 5 étoiles) est attribué après la visite d’un organisme habilité, pour cinq ans. À son expiration, le logement repasse au régime des hébergements non classés : surveillez la date.
Le calcul pas à pas
Hébergement classé ou chambre d’hôtes
Taxe = tarif par personne et par nuit × nombre de personnes assujetties × nombre de nuits, puis taxe additionnelle en sus.
Hébergement non classé
- Prenez le prix de la nuitée hors taxes, sans les prestations annexes facturées à part et identifiables (ménage, linge, petit-déjeuner, frais de dossier ou de service). Pour un loueur non soumis à la TVA, c’est le prix de la nuitée lui-même.
- Divisez-le par le nombre total d’occupants, qu’ils soient assujettis ou exonérés (les enfants comptent dans la division).
- Appliquez le taux voté par la collectivité.
- Ramenez le résultat au plafond s’il le dépasse.
- Multipliez par le nombre de personnes assujetties et par le nombre de nuits.
- Ajoutez la taxe additionnelle (10 % départementale, part régionale le cas échéant).
Trois exemples chiffrés
Les tarifs ci-dessous sont des hypothèses d’illustration, pas ceux d’une commune réelle : tarif fixe de 1,00 € pour le meublé classé ; pour le non classé, taux de 5 % et plafond de 2,50 € ; taxe additionnelle départementale de 10 % dans les trois cas.
| Séjour | Taxe par personne et par nuit | Taxe communale | Additionnelle | Total |
|---|---|---|---|---|
| 1. Meublé classé, 2 adultes et 2 enfants, 5 nuits | 1,00 € | 1,00 × 2 × 5 = 10,00 € | 1,00 € | 11,00 € |
| 2. Non classé, nuitée à 140 € (ménage facturé à part), 2 adultes et 2 enfants, 5 nuits | 140 ÷ 4 = 35,00 € ; 5 % = 1,75 € | 1,75 × 2 × 5 = 17,50 € | 1,75 € | 19,25 € |
| 3. Non classé, nuitée à 200 €, 2 adultes, 3 nuits | 200 ÷ 2 = 100,00 € ; 5 % = 5,00 €, ramenés au plafond : 2,50 € | 2,50 × 2 × 3 = 15,00 € | 1,50 € | 16,50 € |
Dans le deuxième cas, les deux enfants ne paient pas, mais ils comptent dans la division : c’est ce qui ramène le coût par personne à 35 €. Pour faire le calcul avec les tarifs de votre commune, utilisez le calculateur de taxe de séjour.
Les exonérations
Pour la taxe au réel, la loi (article L. 2333-31 du code général des collectivités territoriales) exonère de plein droit :
- les personnes mineures ;
- les titulaires d’un contrat de travail saisonnier employés dans la commune ;
- les personnes bénéficiant d’un hébergement d’urgence ou d’un relogement temporaire ;
- les personnes qui occupent des locaux dont le loyer est inférieur à un montant fixé par la commune.
Ces exonérations ne s’appliquent pas à la taxe forfaitaire. Notez le motif de chaque exonération (âge, contrat, attestation) : il doit figurer dans l’état que vous joignez au reversement.
Qui collecte : la plateforme ou vous ?
Depuis 2019, une plateforme qui est à la fois intermédiaire de paiement et qui agit pour le compte d’un loueur non professionnel doit collecter et reverser la taxe à sa place. Les deux conditions sont cumulatives.
| Situation | Qui collecte et reverse |
|---|---|
| Réservation directe : site, téléphone, sur place | Vous |
| Plateforme qui encaisse le paiement, loueur non professionnel (cas typique d’Airbnb) | La plateforme, obligatoirement |
| Plateforme qui encaisse le paiement, hébergeur professionnel (hôtel, loueur professionnel) | Vous, sauf si vous avez mandaté la plateforme |
| Plateforme qui n’encaisse pas le paiement (paiement à l’établissement) | Vous, sauf mandat donné à la plateforme |
Booking.com peut se trouver dans l’une ou l’autre situation selon que le paiement est géré par lui ou réglé chez vous. Le plus sûr est de vérifier vos relevés : la taxe collectée par une plateforme y figure sur une ligne distincte. Ne la reversez pas une seconde fois ; certaines collectivités demandent tout de même de signaler ces séjours dans votre déclaration, comme « collectés par la plateforme ».
Afficher, facturer, déclarer et reverser
- Afficher les tarifs de la taxe de séjour dans votre établissement ou votre logement (le livret d’accueil s’y prête bien).
- Facturer : collectez la taxe avant le départ du voyageur et faites-la figurer sur la facture, distinctement du prix de l’hébergement.
- Tenir l’état qui accompagne chaque reversement : pour chaque séjour, la date de perception, l’adresse du logement, le nombre de personnes, le nombre de nuits, le prix de chaque nuitée si l’hébergement n’est pas classé, le montant perçu, les motifs d’exonération et, le cas échéant, le numéro d’enregistrement du meublé.
- Reverser aux dates fixées par la délibération, le plus souvent par la plateforme de déclaration en ligne de la collectivité. Un retard ou une déclaration inexacte expose à des amendes et à des intérêts de retard.
Pour le détail officiel, voir la page du ministère de l’Économie sur les obligations des hébergeurs.
Les erreurs à éviter
- Diviser le prix par les seuls adultes pour un hébergement non classé : la division se fait par tous les occupants.
- Inclure le ménage ou le petit-déjeuner facturés à part dans le prix de la nuitée.
- Faire payer les enfants, ou oublier de noter le motif d’une exonération.
- Collecter une seconde fois un séjour pour lequel la plateforme a déjà collecté la taxe.
- Oublier la taxe additionnelle, ou l’appliquer avant le plafonnement au lieu d’après.
- Garder les tarifs de l’an dernier : les délibérations et les barèmes évoluent, vérifiez chaque année.
- Laisser expirer le classement sans changer de mode de calcul.
Comment NidPilot vous aide
Le module comptabilité et taxe de séjour de NidPilot tient le registre de la taxe de séjour par canal : il distingue ce qu’Airbnb ou Booking.com collectent pour vous de ce que vous collectez vous-même sur vos réservations directes, vous rappelle les échéances de déclaration et gère l’exonération d’un séjour social. Les réservations de votre site de réservation directe et celles des plateformes arrivent dans le même registre, grâce au channel manager. Pour aller plus loin sur les revenus eux-mêmes, voir notre guide du micro-BIC du meublé de tourisme.
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